Les bonnes nouvelles se vendent bien et pourtant…

A l’époque où la crise économique continue à faire des ravages, la plupart des médias généralistes continuent de diffuser des mauvaises nouvelles. La courbe du chômage ne cesse de monter, des entreprises font faillites, la pauvreté s’accroît, la violence est un état de fait et la radicalisation des idées se fait sentir. Tous ces éléments sont vrais et se vérifient chaque jour mais se reflètent qu’une partie de la réalité. La société apparaît morose et les citoyens ne peuvent que ressentir cette déprime ambiante comme si rien de positif n’arrivait. Pourtant chaque jour, des initiatives sont prises à travers le monde pour améliorer nos vies et nous amener vers un avenir plus radieux. Ces phénomènes sont pourtant peu traités. Pourtant les bonnes nouvelles sont appréciées par le public qui en général se sent revigoré en les apprenant. Sur les réseaux sociaux par exemple, les bonnes nouvelles sont relayées rapidement et prennent bien souvent plus d’ampleur. Le public veut tout simplement être informé et pouvoir choisir sans subir la morosité ambiante imposée par le plus grand nombre.

L’effet néfaste de la théorie de Mc Lutant

Certains médias en parlent mais généralement de manière très succinte.   Finalement, ils ne font que suivre l’idéologie de Marshall Mc Luhan, un sociologue américain qui avait décrété « Good new is no news ». Il avait aussi pensé le village planétaire et avait imaginé la révolution internet et son impact sur les médias. Cette théorie représente la base du travail des journalistes. Bien souvent on ne parle que des trains qui arrivent en à l »heure. Cette notion journalistique est reprise par les agences de presse. Les informations ainsi publiées traitent bien souvent d’évènements dramatiques et anxiogènes peu relatent les changements positifs que connaissent notre société. Très factuelles, elles ne révèlent pratiquement que le côté obscur de la réalité. Evidemment il ne faut pas tomber dans l’excès inverse qui tendrait vers l’angélisme mais ne pas les mentionner signifie qu’on oublie d’en faire part et cette attitude reflète une idéologie teintée de pessimisme. Une nation pessimiste est un pays composé de citoyens qui ne veulent plus agir, réagir et pensent que leur action n’a pas d’incidence sur le cours des choses. Ainsi ils finissent pas devenir amorphes et plus facilement manipulables. C’est ainsi que les gouvernements totalitaires voire les dictatures se mettent en place et perdurent. La peur engendre aussi ce genre d’attitude. Une société qui a peur est une société qui n’est pas sûre d’elle et se recroqueville sur elle. C’est un peu le cas de la France en ce moment.

Cette idée que les citoyens désirent des nouvelles négatives  apparait erronée, elle montre surtout que notre esprit est conditionné pour recevoir ce genre d’élèments. Notre cerveau surréagit à ces stimuli et semble en être en demande comme le rappelle le Professeur Rick Hamon «Nous cherchons constamment des informations négatives pour surréagir, et puis nous stockons ces réactions dans la structure du cerveau. Par exemple, on apprend plus vite de la douleur que du plaisir, et les interactions négatives ont plus d’impact.» Ce mécanisme de dépendance n’est pas inéluctable et ne contredit pas le fait que chaque citoyen ait besoin d’une dose de bonne nouvelle pour aborder son avenir plus sereinement et envisager sa vie différemment. Pour le scientifique Joël de Rosnay, ce mécanisme nous viendrait de nos ancêtres : «Les êtres vivants (humains, animaux), qui se souviendront des mauvaises expériences et de la manière d’échapper à toutes sortes de périls auront de meilleures chances d’échapper à la mort», explique-t-il dans La Tribune.

D’après ces théories, c’est le public qui influencerait le choix du traitement de l’information et l’utilisation de biais négatif. Cette affirmation consiste à  laisser penser que les médias se soucient complètement de l’avis du public. Cet avis à un impact et conduiraient les médias à s’intéresser à des sujets plutôt qu’à d’autre sous la pression d’un public avide d’en savoir plus. Partir de ce principe c’est faire croire que ce sont les citoyens qui font les médias. Si les médias nous ressemblent ou tendent à nous donner une certaine image de nous-mêmes, ils représentent aussi un miroir déformant de la réalité. Ils font l’écho des nouvelles qu’ils veulent bien diffuser, le reste est bien souvent passé sous silence et seule une minorité de personne peuvent y avoir accès. Cette réalité est dommage pour l’ensemble de la société car finalement les médias ne joueraient plus complètement leur rôle de contre-pouvoir citoyen.

Les Slows medias et l’information positive

Face à cette sinistrose ambiante certains proposent un nouveau regard sur le monde. Au lieu de partir du problème, il décide de dévoiler les solutions pour régler les problèmes. Grâce à ce mécanisme, il est ainsi possible de voir la vie positivement et donc d’en être acteur. La mouvance des Slow médias et de l’information positive tiennent à prouver qu’il est possible de transformer notre regard sur la société mais aussi de changer le rapport des journalistes à l’information. Beaucoup d’initiatives essayent de changer la donne et d’inverser la tendance. Au lieu de médiatiser les guerres de gangs dans les banlieues, la violence dans les transports en communs ou les méfaits de la crise économiques certains choisissent plutôt de mettre en évidence les initiatives qui fonctionnent. Ils prennent le parti pris de s’intéresser aux start up lancées dans des cités défavorisées, aux projets collaboratifs mettant en évidence les valeurs de l’entraide et du partage ou encore aux idées alternatives qui promeuvent une société plus égalitaire et plus soucieuse du bien être de tous et non d’une minorité. C’est ce choix éditorial qu’on fait des sites d’info comme say yess ou pepnews.

Rien n’est donc perdu et nous avons aussi un rôle à jouer dans ce changement. Depuis sa création En positivo enregistre un franc succès. L’Espagne , pays où ce médias est né est pourtant touché durement par la crise. Ce choix éditorial participe aussi à la reconstruction des médias dans ce pays. Son fondateur est satisfait et montre un nouveau chemin à ses lecteurs- internautes  » Quand le public comprendra qu’il doit apporter son soutien à ce type de média, quand les annonceurs comprendront qu’ils ne doivent pas faire uniquement leur pub dans les médias traditionnels mais que les nouvelles positives leur offrent un très bon contexte… ». Jorge Dohner espère ainsi que son média se développera et donnera une nouvelle dynamique aux autres sources d’information. Encore minoritaire, ces sites se multiplient en proposent des contenus originaux et différents. Parfois décalés, ils demeurent sérieux. L’association reporters d’espoirs oeuvrent dans ce sens.

Toutes ces initiatives à petite ou grande échelle prouvent qu’il est possible d’apporter de l’information positive et de proposer une solution innovante pour la traiter et lui donner toute son importance. Tous ces projets démontrent qu’une « good news is a news » et répondent totalement aux enjeux du monde contemporain. Mc Luhan aurait-il eu tort ?

Jessica Staffe

Intégrales mag : le slow media en action

Fondée en 2012, Intégrales Productions réalise et produit des reportages, des enquêtes portant sur l’actualité internationale. La photographie et le journalisme d’investigation sont les principales préoccupations de cette agence. Présents sur le terrain aux quatre coins du monde, ses journalistes en connait les enjeux et présentent un travail engagé humainement. Ethiquement responsable, ils mettent l’humain au centre de leur démarche professionnelle. L’individu est au cœur des bouleversements qui traversent notre société. Leur caméra illustre le parcours de ces hommes et de ces femmes.

Une rédaction éthique et responsable

Libre et indépendante, la rédaction construit des sujets audio, vidéo et des articles sans pression. Ils proposent leurs produits à de nombreux médias internationaux. Par exemple la RTBF, Radio Canada, Euronews, TV5 Monde, Arte diffusent des supports créés par cette société. Leurs productions touchent un public varié et nombreux. Au premier semestre 2014, leur site est lu par 10 000 visiteurs par jour.  Prise sur place, les images de conflits apparaissent vives. Capturant, le moment présent, elles sont ensuite analysées et décryptées par les journalistes. La photographie a une place centrale dans cette interface. Elle n’est jamais choisi par hasard et a pour but de faire réagir les lecteurs. Elle dialogue avec le spectateur qui la regarde. Autant que le texte, elle provoque un débat d’idées. Ainsi l’un ne vas pas sans l’autre.

Farouk Atig est le PDG d’intégrales productions. Grand reporter, il s’est rendue de nombreuses fois en Syrie, Irak, Egypte, Centrafrique, Angola, Lybie, Somalie). Cette connaissance du terrain lui permet de produire des reportages de qualité dont l’angle respecte les règles déontologiques du métier  de journaliste et grand reporter. Il est aussi le rédacteur en chef d’intégrales mag. Hormis ce positionnement international, leurs contenus critiquent parfois les médias.

L’équipe se compose de cinq journalistes, d’un stagiaire, de contributeurs et des correspondants étrangers.

Integrales mag : un pure player d’investigation

Intégrales mag s’apparente à un pure players. Plateforme internet, elle est connectée au web 3.0 et à ses réalités. Ce magazine prouve qu’il est possible de publier un média sur internet sans être racoleur. Il participe à la formation de notre esprit critique de citoyen ouvert sur le monde. Leur travail de terrain repose sur un réseau d’experts compétents et de sources fiables. Intégrales mag donne une place importante aux slow medias, il y consacre une rubrique. Le slow medias side répond à l’hypermédiatisation et l’hyperconnectivité. Aujourd’hui, l’information se répand comme une trainée de poudre et les rumeurs sont parfois prises pour argent comptant. A cause d’impératifs temporels ou financiers, certains médias choisissent de publier ses rumeurs en en faisant de vraies informations. Des heures plus tard, ils reviennent sur leurs propos. Cette réalité discrédite le travail des journalistes. Les réseaux sociaux accélèrent le temps de l’information. Il existe une certaine psychose qui tend à déstabiliser les médias traditionnels. Aujourd’hui, Twitter fait l’info mais les journalistes se doivent de prendre du recul face à cette instantanéité. Intégrales mag ne cherche absolument pas à faire le buzz. Il n’est pas esclave du temps et s’attache à valoriser les faits pour ce qu’ils sont. L’information a besoin de temps. Ce pure player respecte les règles des slow medias. Il crée une temporalité réfléchie en étudiant en profondeur chaque sujet.

Integrales mag : Incarnation du slow media

Le mythe de la presse libre s’interroge sur la déontologie de la presse et du rôle de la puissance médiatique dans la propagande officielle du pouvoir. Cette enquête démontre que  journalistes sont proches des hommes politiques. Le pouvoir va au pouvoir. Souvent issus du même milieu, ils servent les intérêts du capitalisme au lieu de servir ceux des citoyens. Sans forcément être corrompus, certains journalistes ou directeurs de rédactions se tiennent trop proches des arcanes du pouvoir. Trop soucieux de leurs intérêts personnels, ils ne se soucient plus forcement de la déontologie et des règles éthiques. Ils se disent libres et intègres mais pour certains c’est loin d’être le cas. Ce cynisme partagé se moque pas mal de la liberté de la presse qui est complètement fustigée. N’y-a-t-il jamais eu de la liberté de la presse ? Ce mythe ne peut-il  pas devenir réalité ? Le rôle des médias n’est-il pas d’éveiller les consciences, de former et d’éduquer les citoyens. Pour la presse américaine ces rôles semblent complètement dévoyés. En France la réalité ne doit pas être plus reluisante. Peu de médias osent s’affranchir du pouvoir.  Ceux comme Julian Assange qui décident d’évoluer loin des gouvernements sont marginalisés et passent pour de véritables criminels.

Voltaire, père de Vice et Ulyces ? Clara Schmeick affirme que le journalisme narratif cher au défenseur des Slow médias n’est pas inspiré du narrative journalism américain mais héritier de l’esprit des lumières. Ce souci de l’immersion et de la déontologie serait très voltairien. A l’époque de ce philosophe la presse était florissante en Europe. Le regard de cet intellectuel est très contemporain. Voltaire s’est intéressé à la déontologie et à l’éthique journalistique dans Ses conseils à un journaliste.

Intégrales productions promeut une autre façon de fabriquer et de produire l’actualité. L’information comme la culture n’est pas un bien comme les autres. Elle n’a pas de prix et se doit de répondre à des règles éthiques et déontologiques.

Jessica Staffe