Un manque d’éthique journalistique dans la traque des Frères Kouachi ou d’Amedy Koulibali

Suite aux récents évènements, il est intéressant de traiter la façon dont la presse, la radio et la télévision ont médiatisé ces différents crimes. Le Csa avait donné des consignes à suivre pour que les rédactions ne mettent pas en danger leurs équipes de journalistes. Le but a été aussi de rappeler que le travail des journalistes ne devait pas entraver les différentes opérations afin qu’ils ne mettent pas leurs journalistes en danger ni les otages dont les vies étaient menacées. L’émotion n’aide généralement pas à réfléchir bien au contraire. Elle a plutôt tendance à parasiter notre attitude. Sous le coup de l’émotion, chacun est conduit à réagir à chaud. Cette posture ne se construit pas sur de l’analyse. C’est finalement tout le contraire d’une bonne démarche journalistique. Le travail des journalistes se fonde avant tout sur l’analyse de la situation pour éviter de présenter un argumentaire hâtif.

La dangereuse dictature de l’émotion

Leur intervention s’apparente parfois plus à commenter l’actualité plus qu’à la décortiquer. Ainsi comme le rappelle François Jost, sociologue des médias dans 20 minutes, l’intérêt de ces images est nul. Elle montre plus qu’elle n’explique la situation. De plus ces images spectaculaires mettent en scène cette actualité tragique.

Pourtant cette attitude leur éviterait bien des écueils. En étant dans le commentaire, ils restent dans l’émotion et sont parfois amenés à prendre des risques inconsidérés ou à annoncer une information pas tout à fait juste. Sans le vouloir, ils peuvent aussi tomber dans la caricature ou dans la surenchère.

A vouloir être dans l’événement, ils oublient de s’en défaire et de l’étudier en profondeur avec dignité et respect des potentiels victimes. Cette situation centre notre regard sur ces évènements.

L’émotion nous prive souvent de discernement pour comprendre toutes les dimensions. Dans les premières minutes ou heures, les spécialistes donnent leur avis. Bien qu’il ait de l’importance, il n’a de sens seulement quand on connaît le dénouement tragique ou non d’une prise d’otages, d’une fusillade. De plus François Jost indique dans un article de 20 minutes qu’il révèle des méthodes d’interventions des groupes d’élites c’est un peu comme révélé une source ce n’est pas très professionnel de la part des journalistes. Les frères Kouachi ont écouté la radio et savaient ainsi où en était leur traque. Les suspects ont pu plus facilement échappé à la police et suivaient aussi minutieusement le traitement de l’affaire par les médias. Les criminels connaissent le mode de fonctionnement des médias et parfois sans vouloir certains journalistes tombent dans leurs pièges.

Le CSA garant de la bienséance des médias

Le CSA a envoyé le 11 janvier 2015 un communiqué à toutes les rédactions dans lequel il exhortait chacun de ses organes d’information à retranscrire les évènements avec une extrême prudence. Cette décision montre que le CSA avait relevé des irrégularités dans la médiatisation et des excès qu’il faut combattre. Cette focalisation est donc problématique et pose incontestablement des problèmes d’éthique. Donner des informations sur la traque des suspects de l’attentat contre Charlie Hebdo, du meurtre d’une policière à Montrouge et de la prise d’otage à Vincennes et dans l’imprimerie en seine et marne étaient susceptibles d’être utilisé par les forcenés. D’ailleurs BFM a été incriminée par une des femmes d’un otage de la supérette Casher de Vincennes qui aurait dit que des personnes étaient cachées dans la chambre froide ce que dément formellement la chaine.

«Vous avez failli faire une grosse grosse erreur, BFM. Parce que vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu’ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c’est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM.

Heureusement qu’il n’a pas vu la bande, la bande qui passait en bas, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts, parce qu’il descendait et il les mitraillait tous, parce qu’il était persuadé qu’il n’y avait plus personne en bas. Et BFM a marqué “5 personnes en bas plus un bébé”. » Propos recueillis par le Monde

Le plus gênant dans cette affaire c’est qu’à la suite du dénouement, BFM TV a diffusé des interviews des commanditaires de ces actes barbares. Le réel problème de ses entrevues est qu’elles aient été enregistrées dans l’après-midi avant que les prises d’otages ne soient résolues. Imprudents ou simplement à la recherche du buzz ou du bad buzz, ces enregistrements n’apparaissent pas éthiques. Comment peut-être être en contact avec terroristes qui détiennent des otages ou sont en fuite et ont commis des actes insupportables ? Ont-ils une véritable portée informative ? N’est-ce pas irresponsable de diffuser de tels documents dans un moment où l’émotion est à son comble ? On peut dire qu’ils ne connaissent pas le terme même de mise à distance. Trop d’informations tueraient l’information.

Hervé Béroud directeur de la rédaction de BFM TV dément toute responsabilité et pense plutôt avoir rempli un rôle citoyen : « Nous sommes très surpris : nous n’avons, à BFM-TV, jamais été en contact avec les gens retenus en otage dans la chambre froide. Nous étions au courant de leur existence, de source policière, mais nous n’avons pas été en contact avec eux. » (propos recueillis par le Monde)

Les journalistes ont bien un rôle citoyen et se doivent d’être professionnel.

Pour se justifier, il ajoute « A une occasion, le journaliste Dominique Rizet, en plateau, a évoqué une femme qui se serait cachée dans une chambre froide. Mais il l’a fait parce qu’il était en contact avec une personne du RAID sur place, qui lui avait dit que ces personnes-là n’étaient plus en danger car les forces d’intervention avaient pris position près de la chambre froide. Pourtant, M. Rizet s’est ensuite dit que ce n’était pas la peine de redire cette information, par prudence. »

Le temps de la police n’est indubitablement pas le même que celui des médias. Cette hypermédiatisation de la fusillade de Charlie Hebdo bien qu’un tantinet macabre est rentable pour la direction de BFM TV. Les audiences ont été bonnes pour cette chaîne selon Alain Weill : 10,7% des parts d’audiences. Comme souvent ses scores sont du à la volonté des spectateurs de suivre minute par minute le déroulement des évènements et de rester ainsi à l’affût de l’information. Les spectateurs sont en quête perpétuelle d’information. Les chaînes d’informations savent les tenir en haleine et attiser leur soif d’en savoir plus. Cette course au scoop est malsaine lorsqu’il s’agit de la couverture médiatique d’attentats ou de prises d’otages.

Cette traque a ressemblé parfois à un film d’action sauf que comme souvent la réalité dépasse la fiction et est susceptible de provoque à une fascination morbide chez certains individus

Cette hypermédiatisation laisse un goût amer et démontre que les médias doivent faire leurs autocritiques afin qu’ils jouent complètement leur rôle citoyen.

Jessica Staffe

L’actualité s’est arrêtée le 7 janvier enfin presque

Le 7 janvier n’a pas été un jour comme les autres. Comme l’a dit Manuel Valls, il existe un avant et un après. Ce jour funeste a été marqué par le deuil. Un attentat a touché la rédaction de Charlie Hebdo. Cet événement a montré à quel point la liberté d’expression et la liberté de la presse pouvaient vaciller en quelques minutes. La France a elle aussi vacillé. Ces acquis des Lumières universelles pour nous ne le sont pas pour tous. Certains s’y attaquent tous les jours. Ce moment a montré que des journalistes, caricaturistes étaient devenus des cibles pour les terroristes. Malheureusement cette réalité ne date pas du 7 janvier.

Chaque jour des hommes et des femmes risquent leur vie pour nous informer. Aujourd’hui, ils sont devenus des victimes collatérales des guerres. Parfois, ils servent de monnaie d’échanges. Les terroristes ont compris que les journalistes représentaient des symboles. En les faisant taire, les terroristes baîllonnent la liberté de la presse et la liberté d’informer librement auquel devrait avoir droit chaque citoyen du monde. Aujourd’hui, nous nous focalisons sur la rédaction de Charlie Hebdo car elle a connu un drame humain sans commune mesure. En rendant un hommage à Charb, Tignous, Cabu et à tous leurs collègues, il ne faut pas oublier ceux qui travaillent au quotidien pour nous aider à devenir des citoyens doté d’un certain esprit critique aux quatre coins du monde. Une presse citoyenne c’est une presse libre. Elle se doit de contester, de regarder le monde avec justesse, de se montrer critique envers les politiques la société pour nous ouvrir les yeux sur ce qui ne fonctionnent pas correctement. Pour nous transmettre cette vision, ils essayent de prendre du recul par rapport à chaque situation.

De l’émotion citoyenne à l’émotion médiatique

A l’heure de l’immédiateté et de l’émotion, il leur est parfois difficile de prendre du recul et d’analyse la réalité. Mercredi 7 janvier 2015, s’est ce qu’il s’est passé. La fusillade à Charlie Hebdo a monopolisé l’actualité. C’est tout à fait normal. Cette information était centrale et demandait un traitement de premier ordre. Il demandait aussi de l’analyse. Il nécessitait de prendre du recul. Ce drame a suscité une émotion incommensurable. Chacun s’est senti concerné. De nombreuses émotions se sont bousculées dans nos esprits. La tristesse, s’est mélangé à de l’incompréhension. Devant de tels évènements nous sommes bouleversées et les images ou leur simple évocation nous plonge dans un état de sidération. Cette sidération nous empêche de réfléchir. Ensuite la peur vient s’immiscer dans nos têtes et nous fait parfois douter de nous-mêmes et surtout des autres et c’est dommage. Notre regard et celui des médias se sont contractés. L’émotion spectaculaire est aussi médiatique. Elle a été renforcée par la médiatisation intense et les images qui passaient en boucle sur tous les canaux de diffusion. Tous les medias se sont affolés. En tuant des membres de la rédaction de Charlie Hebdo, les terroristes les ont aussi attaqués dans leur humanité et leur professionnalisme. Outre des confrères, beaucoup ont perdu des amis ou des modèles. Les terroristes ont atteint leur intégrité physique, morale et psychologique. Ils craignent aussi pour leur avenir.

Cette émotion s’est amplifiée au fil des heures, des jours. Le chagrin individuel s’est transformé en deuil national. La peine s’est institutionnalisée. Des centaines voire des milliers de citoyens ont spontanément décider le jour même pour exprimer leur colère, leur incrédulité voire leur désespoir. Ce sentiment prouve que les citoyens français croient encore à des valeurs. Beaucoup n’avait jamais manifesté.

Une union de façade

Cette unanimité cache pourtant des divisions. La société était déjà fracturée avant par le racisme et la stigmatisation. Cette immense communion symbolique ne dura peut-être pas mais restera gravée dans nos mémoires. Soutenir la liberté d’expression ne veut pourtant pas dire forcément aller marcher pour la défendre. On peut y croire fermement sans pour autant participer à ce rassemblement. Aller une fois dans sa vie manifester sous le coup de l’émotion ne change pas la situation. C’est un moyen de se galvaniser, d’être solidaires ou fraternels le temps d’une après-midi ou le temps d’un deuil national qui durent trois jours. Même une semaine se ne serait pas grand chose. Ce combat doit être mené au quotidien. Cette fraternité montre un autre visage de la France. Il nous semble plus acceptable. Cette solennité révèle pourtant un malaise.

Le symbolisme impressionnant est pourtant pesant. Il le devient encore plus lorsqu’il est repris par les politiques. Les citoyens n’y peuvent rien. Les médias jouent le jeu de l’hypersensibilité et de l’hyper émotion. Cette réalité est dommageable. Après le rassemblement du 11 janvier la société doit se reconstruire sur des bases saines. Cette communion unanime laisse déjà des traces. Des actes anti musulmans ont déjà été recensés.

En tuant ces caricaturistes, des artistes, des hommes et des femmes prônant la laïcité, la liberté, les terroristes nous ont atteint dans notre chair, dans nos valeurs. Ces dessinateurs participaient à la construction de notre esprit. La force de Charlie Hebdo est d’avoir été habitée par une pensée libertaire souvent rattachée à l’extrême gauche. Cette liberté de pensée n’a pas été du goût de tous mais au moins ils ont fait et continueront de faire cet hebdomadaire avec leurs convictions. Charlie Hebdo a été arrêté dans son élan le 7 janvier. Aujourd’hui, il tente de repartir sur de nouvelles bases. Le monde de Charlie Hebdo continuera de tourner même si cela ne plaira pas à tout le monde.

Jessica Staffe

Lettre à Charlie

Cher Charlie

Vous étiez habitués aux menaces de mort. Vos locaux avaient été injustement plastiqués en 2011. Quoi qu’il advienne, vous étiez attaché aux principes de liberté que vous faisiez vivre dans vos dessins. Vous n’êtes plus parmi nous, mais vos dessins resteront éternels. Ils ont traversé les frontières. Aujourd’hui, des milliers d‘anonymes ont respecté une minute de silence en votre honneur en l’honneur de la liberté de la presse. A travers vous, c’est l’impertinence l’envie de parler de tout sans ambages. Vous ne preniez pas de pincettes. Vous avez caricaturé Mahomet, le Pape, nos politiques. Vous défendiez la tolérance et l’anticléricalisme. Vous n’aviez pas de limites, votre seule limite aujourd’hui c’est de n’être plus parmi nous. Vous avez gagné le paradis des dessinateurs, des caricaturistes et des journalistes. Les anges vous sourient et vous leur redonnez leur sourire. Personne ne vous oubliera. Vos esquisses, vos dessins, vos caricatures continueront de nous accompagner pendant encore longtemps. Vous dessiniez pour dénoncer les incohérences de notre monde. Il ne tournait pas toujours rond mais vous n’aviez pas arrêté de le croquer. Les crayons n’ont pourtant pas arrêter les balles. Les balles vous ont transpercé. Nos cœurs sont meurtris. Je suis Charlie, vous êtes Charlie, nous sommes Charlie. Votre esprit survivra à cet affront. Cet affront contre la liberté de la  presse, d’expression a eu raison de vous. Les journalistes restent des cibles à abattre. Lutter contre l’extrémisme n’a pas de frontière, les médias doivent continuer à s’exprimer  librement dans le respect des différences et des appartenances.

Charlie Hebdo représente l’humanisme. Dessinez c’est montrer l’incohérence, c’est démontrer que l’on peut résister contre la folie meurtrière, la barbarie. Oui il s’agit bien d’un acte barbare, il n’a rien à voir avec l’Islam et les musulmans n’y peuvent rien mais sont les premiers touchés. Eh oui à tort ils subissent déjà des amalgames. L’horreur ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : la fraternité et l’unité. A travers Charlie Hebdo c’est le cœur de la nation française qui souffre. La solidarité nous permettra de dépasser les haines les plus destructrices. Oui il s’agit bien de haine. Ces criminels fustigent nos libertés et nos valeurs. Nous n’irons pas cracher sur leurs tombes. Cet événement prouve que l’on ne peut pas rire de tout avec n’importe qui. Le rire pourtant permet souvent de désamorcer les pires crises. Vos traits d’humour ne leur ont pas plus mais finalement les cons ont toujours tort. Ils ont eu tort de s’en prendre à vous. Car si vous avez donné votre vie pour votre média, ils n’ont pas tué Charlie Hebdo.

Charlie Hebdo est désormais au cœur de nos préoccupations. Il ne peut pas mourir pas comme ça pas pour ça. Eh puis la disparition définitive de Charlie Hebdo ferait trop plaisir à ces intégristes on ne peut pas et on ne doit pas leur faire cette joie. Votre anti conformisme et vos dessins ont été parfois vécus comme un coup de point dans la gueule. Vous avez juste cherché à donner un coup de pied dans la fourmilière des idées reçues, du prêt à penser et du prêt à mâcher. Vos dessins ont été vus comme des bombes, aujourd’hui vous êtes morts sous les balles de ceux que vous combattiez avec force et détermination. Le combat continuera pour vous et pour tous ceux qui ont perdu leur vie pour défendre de nobles idéaux. Comme le dit si bien Sophia Aram Dieu n’existe sûrement pas. Qu’il existe ou pas vous l’avez caricaturez avec justesse en frôlant parfois certaines limites. La satire et le second degré aura eu raison de vous et de votre humanisme.

Aujourd’hui plus que des journalistes, c’est votre idéologie, votre humanisme qui a volé en éclat. Nous pleurons ce coup de canif à la démocratie. Unissons- nous pour la République. Levons nos crayons, donnons de la la voix, écrivons pour que ce drame ne se reproduise pas et que vous ne soyez pas morts pour rien Dessinez c’est gagner de la liberté c’est garantir la démocratie…

Longue vie à Charlie Hebdo et que vos esprits ne cessent de nous souffler votre crédo libertaire.

Et non nous n’avons pas peur

Jessica Staffe

La liberté ensanglantée

Hier le monde s’est arrêté

Un peu avant midi notre souffle s’est coupé

Charlie Hebdo est endeuillé

12 personnes ont perdu la vie

La stupeur nous a gagné

Dans ces cas-là on ne sait que penser

Ces criminels ont été pris d’un coup de folie

Ces terroristes ont volé une partie de nous

Ces meurtriers ont semé la panique

Ils ont attaqué la liberté d’expression

Ils ont bafoué la liberté de la presse

Ils ont sacrifié la liberté de rire de tout

Ils ont saccagé un des fondements de la démocratie

Ils ont miné leurs crayons

Ils ont tué Charlie

Ils ont assassiné la liberté

Ils ont déclaré la guerre à la presse

Ils désavouent L’Islam

Mettent la honte à tous les musulmans

Certains leur demandent de s’excuser

Les pauvres, ils n’y sont pour rien

Ces démons déments

Déversent leur haine sans limites

Ils ont parfois été offensés par ses dessins

Tous comme nous ils sont indignés

Ils n’ont rien à justifier

Cette horreur n’est pas de leur fait

Aujourd’hui aussi ils ont des mines défaites

Cette religion repose sur la paix

Ils demeurent solidaires à jamais

L’humour était leur arme

Contre l’obscurantisme, le fanatisme

Nous devons nous unir contre le racisme

Pour défendre cette liberté ensanglantée

Je suis Charlie, nous sommes Charlie

Nous avons gardé le silence

Dimanche nous allons marcher

Tous main dans la main

Doucement pour lutter contre cette infamie

Une larme coule avec insistance

En espérant que cette violence aura une fin

La lutte pour imposer la liberté est loin d’être fini

La liberté ensanglantée

Charlie Hebdo endeuillé

Le Monde attristé

Et nos mouchoirs pour pleurer

Jessica Staffe

Quand des plumes se sont envolées

En ce 7 janvier 2015, des plumes se sont envolées

La liberté de la presse est endeuillée

Ils ont choisi la plume,on leur a pris la vie

Impertinents et libres, l’engagement était leur crédo

Ils croyaient en l’humour, ils ont reçu des balles

Demain une minute de silence à midi

Des drapeaux en berne Les mots nous manquent pour lutter contre ces maux

Cette violence fait mal Elle nous laisse sans voix

Harakiri s’est fait la malle

La solidarité est la seule voie

La seule issue pour dépasser nos différences

Elle n’aura que d’égal

La fraternité à toutes épreuves comme référence

Un solide pilier a été ébranlé

La force des mots doit être la seule arme

Pour survivre à ce drame

Pour retrouver cette liberté

Qui faisait notre force

Et trouver une nouvelle amorce

Pour que la presse puisse exerce son droit

Que nous ayons tous le choix

Et le pouvoir de dire non Aux extrémistes de tous bords

Qui saccagent nos valeurs

Ils nous prennent pour des cons

Ils ont perdu leur honneur

Ils ont sacrifié un symbole

tout le monde est sorti dehors

Pour exprimer son soutien

Se donner la main dans une farandole

Pour lutter contre ces assassins

Ces brutes au sang froid

Qui nous ont plongé dans un tel émoi

Cette barbarie inhumaine Nous a atteint en plein cœur

Cette haine se déchaine

Chaque jour dans l’horreur

Leur plume s’est envolée Mais reste pour l’éternité Encrer dans nos esprits

Jessica Staffe

L’Affaire Kadhafi ou l’histoire d’une omerta médiatique

Depuis le début de l’année, une partie des médias voire la totalité n’ont pas cessé  de parler de la vie sexuelle de notre cher Président de la République. Etait-il normal que la presse, la télévision, la radio, internet relaient des histoires privées qui se passent dans la chambre à coucher. La vie privée de François Hollande a été passée au crible. Son crime est de ne pas être marié et d’avoir possiblement des relations tumultueuses avec les femmes. Comme dirait certains cela ne nous regarde pas. Pourtant l’intime est un thème envahissant dans les médias. Cette speudo-passion pour la vie privée des politiques nous ferait presque croire que nous sommes tous vicieux. Finalement la classe politique participe peut-être chaque jour à un reality show. Les médias dans leur ensemble ne seraient-ils uniquement intéressé par le scoop sensationnel comme l’est Closer. Faire une première de couverture sur l’affaire Hollande-Gayet est-ce bien sérieux ? Cette sur médiatisation de la vie privée devenue publique répondrait à une demande générale du public. Admettons que ce soit le cas, même si beaucoup resteront sceptiques en lisant ces lignes.  La presse se doit de jouer un rôle démocratique. Son pouvoir repose sur le droit et le devoir d’informer. Pour assumer cette tâche, elle se doit d’être libre et indépendante du pouvoir en place.

Pour redorer son blason, certains pure player comme médiapart ont choisi le journalisme d’investigation. Loin des coups d’éclats et des unes chocs, son but est simplement de bousculer les esprits et de nous faire réagir. Media citoyen par excellence comme l’est aussi arrêt sur Images, ce pure player a traité l’affaire Kadhafi sans en faire un sujet particulier.  La rédaction l’a décortiqué, a cherché des réponses, a souhaité faire toute la lumière su cette affaire obscure afin que le public puisse prendre connaissance des enjeux de cet imbroglio politico- financier. De ce point de vue, Mediapart  s’éloigne de la peopolisation en s’intéressant plus aux « hard news » qu’aux soft  news ».

De l’endogamie politique : Sarkozy et l’affaire Kadhafi

dans le cas de « l’affaire-hollande-Gayet », le mot « affaire » est galvaudé et du coup offre une importance à un sujet qui n’en a aucun. Normalement le mot « Affaire » concerne plutôt les scandales politiques, judiciaires, sociaux ou économiques ou simplement « une affaire » où toutes ces thématiques se retrouvent mélangées. L’Affaire Kadhafi,  l’affaire Bettencourt, l’affaire des frégates de Taïwan ,l’affaire Bygmalion, l’affaire Takieddine. Dans ces cas là, il s’agit souvent d’affaires de corruption parfois de détournement ou de financements occultes. Elles indiquent une finalité juridique. Si jamais les personnes accusées sont reconnues coupables, dans la logique elles seront traduites devant un tribunal. Bien souvent les hommes politiques ne reconnaissent pas leurs responsabilités et crient  régulièrement au complot. Nicolas Sarkozy ne déroge pas à cette fameuse règle. Comme beaucoup d’autres hommes politiques de nombreuses affaires sont venues ternir sa réputation. Être rattrapé par des problèmes judiciaires lorsque l’on est un ancien avocat d’affaires paraît ironique et pourtant bien possible.   Sa seule défense est de se poser en victime. Ses ennemis veulent l’abattre. La gauche a fomenté un complot pour le conduire à sa perte. La presse est foncièrement de gauche.

Ces affirmations vous font peut-être sourire mais prouvent surtout l’arrogance de Nicolas Sarkozy et sa croyance en son destin. Il se voit comme l’homme providentiel et donc ne peut-être arrêter dans sa course que par des ennemis invisibles ou tout simplement inventés. Claironner que la presse est foncièrement de gauche c’est oublier que cette même presse est aux mains de dirigeants qui viennent du même milieu social que les politiques. Parfois ils ont même fait leurs études ensemble et partagent le même cercle d’amis et les mêmes centres d’intérêts. C’est ce que l’on appelle plus communément d’endogamie politique ou la reproduction des élites.

Certains sujets de premier plan sont passés sous silence dans  des médias qui deviennent indirectement complices et prennent donc part à cette  omerta.                                                                                                                                                               Pourtant l’affaire du financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy est un sujet de premier ordre. Bien qu’il soit difficile à aborder et touche de nombreuses personnalités politiques et responsables économiques. il semble nécessaire de le révéler pour démontrer que les médias prennent part au débat démocratique et ne jouent donc pas forcément le jeu des puissants. A l’époque où l’on parle de transparence, la loi du silence apparaît comme un système de défense pour qu’un petit nombre de personnes puisse sauvegarder ses droits et agir comme bon lui semble.

La presse ne jouerait-elle pas son rôle de quatrième pouvoir? N’est-ce pourtant pas son devoir de dévoiler des scandales politiques lorsqu’ils sont avérés et qu’ils mettent en péril l’image du pouvoir politique mais surtout salit l’image du pays concerné? Mérite-t-on que nos représentants ou nos ex- présidents cherchent des financements occultes auprès de dictateurs notoire et déclare la guerre à ce même pays quelques années plus tard ?

En tant que citoyen, on ne peut que se réjouir quand des médias indépendants décident d’étaler ces affaires au grand jour. Surtout quand les journalistes qui y travaillent utilisent l’investigation pour démontrer que les faits qu’ils présentent sont bien vrais et vérifiés par leurs soins. Ce ne sont pas des rumeurs diffusées à tour de bras par l’ensemble des médias mais une enquête menée pendant trois ans. Fabrice Arfi, journaliste d’investigation à Mediapart a co-réalisé une enquête sur l’affaire Kadhafi qui a été peu relayée par leurs confrères.  Le Monde, le Canard Enchaîné, Libération ou Rue 89 sont restés très frileux lorsque que Mediapart s’est fait l’écho de cette affaire  D’ailleurs peu d’entre eux ont soutenu sa démarche. Avaient-ils peur de dénoncer des pratiques politiques et de risquer leur carrière, leur postes et de subir des pressions des hommes politiques concernés ? Ont-ils juste agi par peur des conséquences que pouvaient entrainer de telles révélations?

Cette attitude atteste l’existence d’une certaine consanguinité entre les pouvoirs médiatiques et politiques. Parfois on se demande qui des journalistes et des politiques font l’information. Pourquoi tant de fébrilité à annoncer une vérité d’ordre démocratique?

 L’Affaire Kadhafi ou l’histoire d’une omerta médiatique

En 2007, Nicolas Sarkozy avait défrayé la chronique en recevant Kadhafi à l’Elysée. Ce dictateur dirigeait la Libye à l’époque. Cette réalité n’a aucunement dérangé la présidence de la République et la plupart des membres du gouvernement soutenait cette venue pourtant contestable. Cette rencontre au sommet indiquait déjà les liens étroits qu’entretenaient Kadhafi et Sarkozy. Des petites voix murmuraient que ce dictateur avait participé au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Ces soupçons exposés au grand jour par Mediapart ou été suivi d’une enquête judiciaire. Les résultats de celle –ci ont donné raison à ce pure player. Les signatures appartenaient bien à des dignitaires libyens.

Dans cet extrait  Fabrice Arfi affirme catégoriquement la véracité du document publié. Il amène la preuve du financement  occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy. Beaucoup contestent ses dires et essayent de le mettre en port- à- faux.  Cette investigation de longue haleine et l’affaire judiciaire qui s’en est suivie ont reconnu l’existence de financement occultes et donc  accrédite la thèse de Médiapart. La vérité est-elle si dure à entendre?

Certains  de leurs confrères n’hésitent pas à accuser Médiapart et s’attaquent Edwy Plenel.  Leurs concurrents papier n’ont plus la possibilité d’investir dans de longues enquêtes. L’investigation coûte cher financièrement et humainement parlant prend du temps et peut souvent rencontrer des obstacles politiques. Lorsque l’on touche la sphère financière et le milieu politique, il devient parfois difficile pour des journalistes de mener à bien leur travail. C’est pourtant leur mission première. Le but n’est pas de trouver un scoop et de faire tomber des personnalités politiques mais de montrer comment leurs magouilles et petits arrangements mettent en péril l’existence de la démocratie. Peu de médias  se risquent  pourtant à cet exercice

Les médias sclérosés par les  consortiums économques

Le problème de beaucoup de titres de presse est d’être rattachés à des grands groupes économiques dont leur activité première n’est pas de produire et de fournir de l’information aux citoyens. Des groupes comme Dassault vendent des armes et possèdent de nombreux titres  de presse. Ces deux activités demeurent incompatibles et peut conduire les journalistes et plus particulièrement les rédacteurs en chef à subir des pressions. Des groupes comme Lagardère et LVMH en sont l’exemple. LVMH a récemment racheté le groupe les Echos et Lagardère possèdent des magazines comme Paris match ou Elle. Des groupes médias tentent de résister à cette offensive en se concentrant uniquement sur des activités presse c’est le cas du groupes le Monde et Perdriel.

concentration médias

Le mélange des genres apportent en plus  une confusion dans l’esprit des citoyens. Quand TF1 accueille Nicolas Sarkozy au 20h, les journalistes sont-ils libres de poser les questions qui fâchent sachant que TF1 fait parti du Groupe Bouygues et que son dirigeant est un ami proche de notre ancien président. Dans ces cas là, il est facile d’omettre certains sujets brûlants ou d’en parler en choisissant un certain biais.

C’est exactement ce qu’il s’est passé avec l’affaire Kadhafi. Les médias généralistes en ont peu parlé mais ont tenu pour responsable Médiapart et ont jeté l’opprobre sur Fabrice Arfi, Edwy Plenel et toute m’équipe de cette rédaction indépendante. Finalement ceux qui cherchent la vérité ne sont pas toujours les bienvenus. Après ,il est toujours possible que mediapart ait été manipulé par des dirigeants libyens les même qui ont aidé Sarkozy a financé sa campagne après que celui-ci leur ait déclaré la guerre. Quoiqu’il en soit dans cette histoire Nicolas Sarkozy est certainement loin d’être  innocent. L’affaire Kadhafi nous éclaire au moins sur un point: il est difficile pour un média indépendant d’enquêter librement sur une affaire politico-financière  et de rester crédible aux yeux de ses confrères mais surtout d’être entendu par le grand public désireux de comprendre le fonctionnement et les dysfonctionnements de notre démocratie. Aujourd’hui il est plus commode de parler de la vie privée d’Hollande que des ennuis judiciaires de nos dirigeants. Pourtant la deuxième thématique paraît fondamentale alors que la première n’est qu’anecdotique et n’apporte rien au débat démocratique.

Jessica Staffe

Les bonnes nouvelles se vendent bien et pourtant…

A l’époque où la crise économique continue à faire des ravages, la plupart des médias généralistes continuent de diffuser des mauvaises nouvelles. La courbe du chômage ne cesse de monter, des entreprises font faillites, la pauvreté s’accroît, la violence est un état de fait et la radicalisation des idées se fait sentir. Tous ces éléments sont vrais et se vérifient chaque jour mais se reflètent qu’une partie de la réalité. La société apparaît morose et les citoyens ne peuvent que ressentir cette déprime ambiante comme si rien de positif n’arrivait. Pourtant chaque jour, des initiatives sont prises à travers le monde pour améliorer nos vies et nous amener vers un avenir plus radieux. Ces phénomènes sont pourtant peu traités. Pourtant les bonnes nouvelles sont appréciées par le public qui en général se sent revigoré en les apprenant. Sur les réseaux sociaux par exemple, les bonnes nouvelles sont relayées rapidement et prennent bien souvent plus d’ampleur. Le public veut tout simplement être informé et pouvoir choisir sans subir la morosité ambiante imposée par le plus grand nombre.

L’effet néfaste de la théorie de Mc Lutant

Certains médias en parlent mais généralement de manière très succinte.   Finalement, ils ne font que suivre l’idéologie de Marshall Mc Luhan, un sociologue américain qui avait décrété « Good new is no news ». Il avait aussi pensé le village planétaire et avait imaginé la révolution internet et son impact sur les médias. Cette théorie représente la base du travail des journalistes. Bien souvent on ne parle que des trains qui arrivent en à l »heure. Cette notion journalistique est reprise par les agences de presse. Les informations ainsi publiées traitent bien souvent d’évènements dramatiques et anxiogènes peu relatent les changements positifs que connaissent notre société. Très factuelles, elles ne révèlent pratiquement que le côté obscur de la réalité. Evidemment il ne faut pas tomber dans l’excès inverse qui tendrait vers l’angélisme mais ne pas les mentionner signifie qu’on oublie d’en faire part et cette attitude reflète une idéologie teintée de pessimisme. Une nation pessimiste est un pays composé de citoyens qui ne veulent plus agir, réagir et pensent que leur action n’a pas d’incidence sur le cours des choses. Ainsi ils finissent pas devenir amorphes et plus facilement manipulables. C’est ainsi que les gouvernements totalitaires voire les dictatures se mettent en place et perdurent. La peur engendre aussi ce genre d’attitude. Une société qui a peur est une société qui n’est pas sûre d’elle et se recroqueville sur elle. C’est un peu le cas de la France en ce moment.

Cette idée que les citoyens désirent des nouvelles négatives  apparait erronée, elle montre surtout que notre esprit est conditionné pour recevoir ce genre d’élèments. Notre cerveau surréagit à ces stimuli et semble en être en demande comme le rappelle le Professeur Rick Hamon «Nous cherchons constamment des informations négatives pour surréagir, et puis nous stockons ces réactions dans la structure du cerveau. Par exemple, on apprend plus vite de la douleur que du plaisir, et les interactions négatives ont plus d’impact.» Ce mécanisme de dépendance n’est pas inéluctable et ne contredit pas le fait que chaque citoyen ait besoin d’une dose de bonne nouvelle pour aborder son avenir plus sereinement et envisager sa vie différemment. Pour le scientifique Joël de Rosnay, ce mécanisme nous viendrait de nos ancêtres : «Les êtres vivants (humains, animaux), qui se souviendront des mauvaises expériences et de la manière d’échapper à toutes sortes de périls auront de meilleures chances d’échapper à la mort», explique-t-il dans La Tribune.

D’après ces théories, c’est le public qui influencerait le choix du traitement de l’information et l’utilisation de biais négatif. Cette affirmation consiste à  laisser penser que les médias se soucient complètement de l’avis du public. Cet avis à un impact et conduiraient les médias à s’intéresser à des sujets plutôt qu’à d’autre sous la pression d’un public avide d’en savoir plus. Partir de ce principe c’est faire croire que ce sont les citoyens qui font les médias. Si les médias nous ressemblent ou tendent à nous donner une certaine image de nous-mêmes, ils représentent aussi un miroir déformant de la réalité. Ils font l’écho des nouvelles qu’ils veulent bien diffuser, le reste est bien souvent passé sous silence et seule une minorité de personne peuvent y avoir accès. Cette réalité est dommage pour l’ensemble de la société car finalement les médias ne joueraient plus complètement leur rôle de contre-pouvoir citoyen.

Les Slows medias et l’information positive

Face à cette sinistrose ambiante certains proposent un nouveau regard sur le monde. Au lieu de partir du problème, il décide de dévoiler les solutions pour régler les problèmes. Grâce à ce mécanisme, il est ainsi possible de voir la vie positivement et donc d’en être acteur. La mouvance des Slow médias et de l’information positive tiennent à prouver qu’il est possible de transformer notre regard sur la société mais aussi de changer le rapport des journalistes à l’information. Beaucoup d’initiatives essayent de changer la donne et d’inverser la tendance. Au lieu de médiatiser les guerres de gangs dans les banlieues, la violence dans les transports en communs ou les méfaits de la crise économiques certains choisissent plutôt de mettre en évidence les initiatives qui fonctionnent. Ils prennent le parti pris de s’intéresser aux start up lancées dans des cités défavorisées, aux projets collaboratifs mettant en évidence les valeurs de l’entraide et du partage ou encore aux idées alternatives qui promeuvent une société plus égalitaire et plus soucieuse du bien être de tous et non d’une minorité. C’est ce choix éditorial qu’on fait des sites d’info comme say yess ou pepnews.

Rien n’est donc perdu et nous avons aussi un rôle à jouer dans ce changement. Depuis sa création En positivo enregistre un franc succès. L’Espagne , pays où ce médias est né est pourtant touché durement par la crise. Ce choix éditorial participe aussi à la reconstruction des médias dans ce pays. Son fondateur est satisfait et montre un nouveau chemin à ses lecteurs- internautes  » Quand le public comprendra qu’il doit apporter son soutien à ce type de média, quand les annonceurs comprendront qu’ils ne doivent pas faire uniquement leur pub dans les médias traditionnels mais que les nouvelles positives leur offrent un très bon contexte… ». Jorge Dohner espère ainsi que son média se développera et donnera une nouvelle dynamique aux autres sources d’information. Encore minoritaire, ces sites se multiplient en proposent des contenus originaux et différents. Parfois décalés, ils demeurent sérieux. L’association reporters d’espoirs oeuvrent dans ce sens.

Toutes ces initiatives à petite ou grande échelle prouvent qu’il est possible d’apporter de l’information positive et de proposer une solution innovante pour la traiter et lui donner toute son importance. Tous ces projets démontrent qu’une « good news is a news » et répondent totalement aux enjeux du monde contemporain. Mc Luhan aurait-il eu tort ?

Jessica Staffe