Un manque d’éthique journalistique dans la traque des Frères Kouachi ou d’Amedy Koulibali

Suite aux récents évènements, il est intéressant de traiter la façon dont la presse, la radio et la télévision ont médiatisé ces différents crimes. Le Csa avait donné des consignes à suivre pour que les rédactions ne mettent pas en danger leurs équipes de journalistes. Le but a été aussi de rappeler que le travail des journalistes ne devait pas entraver les différentes opérations afin qu’ils ne mettent pas leurs journalistes en danger ni les otages dont les vies étaient menacées. L’émotion n’aide généralement pas à réfléchir bien au contraire. Elle a plutôt tendance à parasiter notre attitude. Sous le coup de l’émotion, chacun est conduit à réagir à chaud. Cette posture ne se construit pas sur de l’analyse. C’est finalement tout le contraire d’une bonne démarche journalistique. Le travail des journalistes se fonde avant tout sur l’analyse de la situation pour éviter de présenter un argumentaire hâtif.

La dangereuse dictature de l’émotion

Leur intervention s’apparente parfois plus à commenter l’actualité plus qu’à la décortiquer. Ainsi comme le rappelle François Jost, sociologue des médias dans 20 minutes, l’intérêt de ces images est nul. Elle montre plus qu’elle n’explique la situation. De plus ces images spectaculaires mettent en scène cette actualité tragique.

Pourtant cette attitude leur éviterait bien des écueils. En étant dans le commentaire, ils restent dans l’émotion et sont parfois amenés à prendre des risques inconsidérés ou à annoncer une information pas tout à fait juste. Sans le vouloir, ils peuvent aussi tomber dans la caricature ou dans la surenchère.

A vouloir être dans l’événement, ils oublient de s’en défaire et de l’étudier en profondeur avec dignité et respect des potentiels victimes. Cette situation centre notre regard sur ces évènements.

L’émotion nous prive souvent de discernement pour comprendre toutes les dimensions. Dans les premières minutes ou heures, les spécialistes donnent leur avis. Bien qu’il ait de l’importance, il n’a de sens seulement quand on connaît le dénouement tragique ou non d’une prise d’otages, d’une fusillade. De plus François Jost indique dans un article de 20 minutes qu’il révèle des méthodes d’interventions des groupes d’élites c’est un peu comme révélé une source ce n’est pas très professionnel de la part des journalistes. Les frères Kouachi ont écouté la radio et savaient ainsi où en était leur traque. Les suspects ont pu plus facilement échappé à la police et suivaient aussi minutieusement le traitement de l’affaire par les médias. Les criminels connaissent le mode de fonctionnement des médias et parfois sans vouloir certains journalistes tombent dans leurs pièges.

Le CSA garant de la bienséance des médias

Le CSA a envoyé le 11 janvier 2015 un communiqué à toutes les rédactions dans lequel il exhortait chacun de ses organes d’information à retranscrire les évènements avec une extrême prudence. Cette décision montre que le CSA avait relevé des irrégularités dans la médiatisation et des excès qu’il faut combattre. Cette focalisation est donc problématique et pose incontestablement des problèmes d’éthique. Donner des informations sur la traque des suspects de l’attentat contre Charlie Hebdo, du meurtre d’une policière à Montrouge et de la prise d’otage à Vincennes et dans l’imprimerie en seine et marne étaient susceptibles d’être utilisé par les forcenés. D’ailleurs BFM a été incriminée par une des femmes d’un otage de la supérette Casher de Vincennes qui aurait dit que des personnes étaient cachées dans la chambre froide ce que dément formellement la chaine.

«Vous avez failli faire une grosse grosse erreur, BFM. Parce que vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu’ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c’est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM.

Heureusement qu’il n’a pas vu la bande, la bande qui passait en bas, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts, parce qu’il descendait et il les mitraillait tous, parce qu’il était persuadé qu’il n’y avait plus personne en bas. Et BFM a marqué “5 personnes en bas plus un bébé”. » Propos recueillis par le Monde

Le plus gênant dans cette affaire c’est qu’à la suite du dénouement, BFM TV a diffusé des interviews des commanditaires de ces actes barbares. Le réel problème de ses entrevues est qu’elles aient été enregistrées dans l’après-midi avant que les prises d’otages ne soient résolues. Imprudents ou simplement à la recherche du buzz ou du bad buzz, ces enregistrements n’apparaissent pas éthiques. Comment peut-être être en contact avec terroristes qui détiennent des otages ou sont en fuite et ont commis des actes insupportables ? Ont-ils une véritable portée informative ? N’est-ce pas irresponsable de diffuser de tels documents dans un moment où l’émotion est à son comble ? On peut dire qu’ils ne connaissent pas le terme même de mise à distance. Trop d’informations tueraient l’information.

Hervé Béroud directeur de la rédaction de BFM TV dément toute responsabilité et pense plutôt avoir rempli un rôle citoyen : « Nous sommes très surpris : nous n’avons, à BFM-TV, jamais été en contact avec les gens retenus en otage dans la chambre froide. Nous étions au courant de leur existence, de source policière, mais nous n’avons pas été en contact avec eux. » (propos recueillis par le Monde)

Les journalistes ont bien un rôle citoyen et se doivent d’être professionnel.

Pour se justifier, il ajoute « A une occasion, le journaliste Dominique Rizet, en plateau, a évoqué une femme qui se serait cachée dans une chambre froide. Mais il l’a fait parce qu’il était en contact avec une personne du RAID sur place, qui lui avait dit que ces personnes-là n’étaient plus en danger car les forces d’intervention avaient pris position près de la chambre froide. Pourtant, M. Rizet s’est ensuite dit que ce n’était pas la peine de redire cette information, par prudence. »

Le temps de la police n’est indubitablement pas le même que celui des médias. Cette hypermédiatisation de la fusillade de Charlie Hebdo bien qu’un tantinet macabre est rentable pour la direction de BFM TV. Les audiences ont été bonnes pour cette chaîne selon Alain Weill : 10,7% des parts d’audiences. Comme souvent ses scores sont du à la volonté des spectateurs de suivre minute par minute le déroulement des évènements et de rester ainsi à l’affût de l’information. Les spectateurs sont en quête perpétuelle d’information. Les chaînes d’informations savent les tenir en haleine et attiser leur soif d’en savoir plus. Cette course au scoop est malsaine lorsqu’il s’agit de la couverture médiatique d’attentats ou de prises d’otages.

Cette traque a ressemblé parfois à un film d’action sauf que comme souvent la réalité dépasse la fiction et est susceptible de provoque à une fascination morbide chez certains individus

Cette hypermédiatisation laisse un goût amer et démontre que les médias doivent faire leurs autocritiques afin qu’ils jouent complètement leur rôle citoyen.

Jessica Staffe

Publicités

L’actualité s’est arrêtée le 7 janvier enfin presque

Le 7 janvier n’a pas été un jour comme les autres. Comme l’a dit Manuel Valls, il existe un avant et un après. Ce jour funeste a été marqué par le deuil. Un attentat a touché la rédaction de Charlie Hebdo. Cet événement a montré à quel point la liberté d’expression et la liberté de la presse pouvaient vaciller en quelques minutes. La France a elle aussi vacillé. Ces acquis des Lumières universelles pour nous ne le sont pas pour tous. Certains s’y attaquent tous les jours. Ce moment a montré que des journalistes, caricaturistes étaient devenus des cibles pour les terroristes. Malheureusement cette réalité ne date pas du 7 janvier.

Chaque jour des hommes et des femmes risquent leur vie pour nous informer. Aujourd’hui, ils sont devenus des victimes collatérales des guerres. Parfois, ils servent de monnaie d’échanges. Les terroristes ont compris que les journalistes représentaient des symboles. En les faisant taire, les terroristes baîllonnent la liberté de la presse et la liberté d’informer librement auquel devrait avoir droit chaque citoyen du monde. Aujourd’hui, nous nous focalisons sur la rédaction de Charlie Hebdo car elle a connu un drame humain sans commune mesure. En rendant un hommage à Charb, Tignous, Cabu et à tous leurs collègues, il ne faut pas oublier ceux qui travaillent au quotidien pour nous aider à devenir des citoyens doté d’un certain esprit critique aux quatre coins du monde. Une presse citoyenne c’est une presse libre. Elle se doit de contester, de regarder le monde avec justesse, de se montrer critique envers les politiques la société pour nous ouvrir les yeux sur ce qui ne fonctionnent pas correctement. Pour nous transmettre cette vision, ils essayent de prendre du recul par rapport à chaque situation.

De l’émotion citoyenne à l’émotion médiatique

A l’heure de l’immédiateté et de l’émotion, il leur est parfois difficile de prendre du recul et d’analyse la réalité. Mercredi 7 janvier 2015, s’est ce qu’il s’est passé. La fusillade à Charlie Hebdo a monopolisé l’actualité. C’est tout à fait normal. Cette information était centrale et demandait un traitement de premier ordre. Il demandait aussi de l’analyse. Il nécessitait de prendre du recul. Ce drame a suscité une émotion incommensurable. Chacun s’est senti concerné. De nombreuses émotions se sont bousculées dans nos esprits. La tristesse, s’est mélangé à de l’incompréhension. Devant de tels évènements nous sommes bouleversées et les images ou leur simple évocation nous plonge dans un état de sidération. Cette sidération nous empêche de réfléchir. Ensuite la peur vient s’immiscer dans nos têtes et nous fait parfois douter de nous-mêmes et surtout des autres et c’est dommage. Notre regard et celui des médias se sont contractés. L’émotion spectaculaire est aussi médiatique. Elle a été renforcée par la médiatisation intense et les images qui passaient en boucle sur tous les canaux de diffusion. Tous les medias se sont affolés. En tuant des membres de la rédaction de Charlie Hebdo, les terroristes les ont aussi attaqués dans leur humanité et leur professionnalisme. Outre des confrères, beaucoup ont perdu des amis ou des modèles. Les terroristes ont atteint leur intégrité physique, morale et psychologique. Ils craignent aussi pour leur avenir.

Cette émotion s’est amplifiée au fil des heures, des jours. Le chagrin individuel s’est transformé en deuil national. La peine s’est institutionnalisée. Des centaines voire des milliers de citoyens ont spontanément décider le jour même pour exprimer leur colère, leur incrédulité voire leur désespoir. Ce sentiment prouve que les citoyens français croient encore à des valeurs. Beaucoup n’avait jamais manifesté.

Une union de façade

Cette unanimité cache pourtant des divisions. La société était déjà fracturée avant par le racisme et la stigmatisation. Cette immense communion symbolique ne dura peut-être pas mais restera gravée dans nos mémoires. Soutenir la liberté d’expression ne veut pourtant pas dire forcément aller marcher pour la défendre. On peut y croire fermement sans pour autant participer à ce rassemblement. Aller une fois dans sa vie manifester sous le coup de l’émotion ne change pas la situation. C’est un moyen de se galvaniser, d’être solidaires ou fraternels le temps d’une après-midi ou le temps d’un deuil national qui durent trois jours. Même une semaine se ne serait pas grand chose. Ce combat doit être mené au quotidien. Cette fraternité montre un autre visage de la France. Il nous semble plus acceptable. Cette solennité révèle pourtant un malaise.

Le symbolisme impressionnant est pourtant pesant. Il le devient encore plus lorsqu’il est repris par les politiques. Les citoyens n’y peuvent rien. Les médias jouent le jeu de l’hypersensibilité et de l’hyper émotion. Cette réalité est dommageable. Après le rassemblement du 11 janvier la société doit se reconstruire sur des bases saines. Cette communion unanime laisse déjà des traces. Des actes anti musulmans ont déjà été recensés.

En tuant ces caricaturistes, des artistes, des hommes et des femmes prônant la laïcité, la liberté, les terroristes nous ont atteint dans notre chair, dans nos valeurs. Ces dessinateurs participaient à la construction de notre esprit. La force de Charlie Hebdo est d’avoir été habitée par une pensée libertaire souvent rattachée à l’extrême gauche. Cette liberté de pensée n’a pas été du goût de tous mais au moins ils ont fait et continueront de faire cet hebdomadaire avec leurs convictions. Charlie Hebdo a été arrêté dans son élan le 7 janvier. Aujourd’hui, il tente de repartir sur de nouvelles bases. Le monde de Charlie Hebdo continuera de tourner même si cela ne plaira pas à tout le monde.

Jessica Staffe

Lettre à Charlie

Cher Charlie

Vous étiez habitués aux menaces de mort. Vos locaux avaient été injustement plastiqués en 2011. Quoi qu’il advienne, vous étiez attaché aux principes de liberté que vous faisiez vivre dans vos dessins. Vous n’êtes plus parmi nous, mais vos dessins resteront éternels. Ils ont traversé les frontières. Aujourd’hui, des milliers d‘anonymes ont respecté une minute de silence en votre honneur en l’honneur de la liberté de la presse. A travers vous, c’est l’impertinence l’envie de parler de tout sans ambages. Vous ne preniez pas de pincettes. Vous avez caricaturé Mahomet, le Pape, nos politiques. Vous défendiez la tolérance et l’anticléricalisme. Vous n’aviez pas de limites, votre seule limite aujourd’hui c’est de n’être plus parmi nous. Vous avez gagné le paradis des dessinateurs, des caricaturistes et des journalistes. Les anges vous sourient et vous leur redonnez leur sourire. Personne ne vous oubliera. Vos esquisses, vos dessins, vos caricatures continueront de nous accompagner pendant encore longtemps. Vous dessiniez pour dénoncer les incohérences de notre monde. Il ne tournait pas toujours rond mais vous n’aviez pas arrêté de le croquer. Les crayons n’ont pourtant pas arrêter les balles. Les balles vous ont transpercé. Nos cœurs sont meurtris. Je suis Charlie, vous êtes Charlie, nous sommes Charlie. Votre esprit survivra à cet affront. Cet affront contre la liberté de la  presse, d’expression a eu raison de vous. Les journalistes restent des cibles à abattre. Lutter contre l’extrémisme n’a pas de frontière, les médias doivent continuer à s’exprimer  librement dans le respect des différences et des appartenances.

Charlie Hebdo représente l’humanisme. Dessinez c’est montrer l’incohérence, c’est démontrer que l’on peut résister contre la folie meurtrière, la barbarie. Oui il s’agit bien d’un acte barbare, il n’a rien à voir avec l’Islam et les musulmans n’y peuvent rien mais sont les premiers touchés. Eh oui à tort ils subissent déjà des amalgames. L’horreur ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : la fraternité et l’unité. A travers Charlie Hebdo c’est le cœur de la nation française qui souffre. La solidarité nous permettra de dépasser les haines les plus destructrices. Oui il s’agit bien de haine. Ces criminels fustigent nos libertés et nos valeurs. Nous n’irons pas cracher sur leurs tombes. Cet événement prouve que l’on ne peut pas rire de tout avec n’importe qui. Le rire pourtant permet souvent de désamorcer les pires crises. Vos traits d’humour ne leur ont pas plus mais finalement les cons ont toujours tort. Ils ont eu tort de s’en prendre à vous. Car si vous avez donné votre vie pour votre média, ils n’ont pas tué Charlie Hebdo.

Charlie Hebdo est désormais au cœur de nos préoccupations. Il ne peut pas mourir pas comme ça pas pour ça. Eh puis la disparition définitive de Charlie Hebdo ferait trop plaisir à ces intégristes on ne peut pas et on ne doit pas leur faire cette joie. Votre anti conformisme et vos dessins ont été parfois vécus comme un coup de point dans la gueule. Vous avez juste cherché à donner un coup de pied dans la fourmilière des idées reçues, du prêt à penser et du prêt à mâcher. Vos dessins ont été vus comme des bombes, aujourd’hui vous êtes morts sous les balles de ceux que vous combattiez avec force et détermination. Le combat continuera pour vous et pour tous ceux qui ont perdu leur vie pour défendre de nobles idéaux. Comme le dit si bien Sophia Aram Dieu n’existe sûrement pas. Qu’il existe ou pas vous l’avez caricaturez avec justesse en frôlant parfois certaines limites. La satire et le second degré aura eu raison de vous et de votre humanisme.

Aujourd’hui plus que des journalistes, c’est votre idéologie, votre humanisme qui a volé en éclat. Nous pleurons ce coup de canif à la démocratie. Unissons- nous pour la République. Levons nos crayons, donnons de la la voix, écrivons pour que ce drame ne se reproduise pas et que vous ne soyez pas morts pour rien Dessinez c’est gagner de la liberté c’est garantir la démocratie…

Longue vie à Charlie Hebdo et que vos esprits ne cessent de nous souffler votre crédo libertaire.

Et non nous n’avons pas peur

Jessica Staffe

La liberté ensanglantée

Hier le monde s’est arrêté

Un peu avant midi notre souffle s’est coupé

Charlie Hebdo est endeuillé

12 personnes ont perdu la vie

La stupeur nous a gagné

Dans ces cas-là on ne sait que penser

Ces criminels ont été pris d’un coup de folie

Ces terroristes ont volé une partie de nous

Ces meurtriers ont semé la panique

Ils ont attaqué la liberté d’expression

Ils ont bafoué la liberté de la presse

Ils ont sacrifié la liberté de rire de tout

Ils ont saccagé un des fondements de la démocratie

Ils ont miné leurs crayons

Ils ont tué Charlie

Ils ont assassiné la liberté

Ils ont déclaré la guerre à la presse

Ils désavouent L’Islam

Mettent la honte à tous les musulmans

Certains leur demandent de s’excuser

Les pauvres, ils n’y sont pour rien

Ces démons déments

Déversent leur haine sans limites

Ils ont parfois été offensés par ses dessins

Tous comme nous ils sont indignés

Ils n’ont rien à justifier

Cette horreur n’est pas de leur fait

Aujourd’hui aussi ils ont des mines défaites

Cette religion repose sur la paix

Ils demeurent solidaires à jamais

L’humour était leur arme

Contre l’obscurantisme, le fanatisme

Nous devons nous unir contre le racisme

Pour défendre cette liberté ensanglantée

Je suis Charlie, nous sommes Charlie

Nous avons gardé le silence

Dimanche nous allons marcher

Tous main dans la main

Doucement pour lutter contre cette infamie

Une larme coule avec insistance

En espérant que cette violence aura une fin

La lutte pour imposer la liberté est loin d’être fini

La liberté ensanglantée

Charlie Hebdo endeuillé

Le Monde attristé

Et nos mouchoirs pour pleurer

Jessica Staffe

Quand des plumes se sont envolées

En ce 7 janvier 2015, des plumes se sont envolées

La liberté de la presse est endeuillée

Ils ont choisi la plume,on leur a pris la vie

Impertinents et libres, l’engagement était leur crédo

Ils croyaient en l’humour, ils ont reçu des balles

Demain une minute de silence à midi

Des drapeaux en berne Les mots nous manquent pour lutter contre ces maux

Cette violence fait mal Elle nous laisse sans voix

Harakiri s’est fait la malle

La solidarité est la seule voie

La seule issue pour dépasser nos différences

Elle n’aura que d’égal

La fraternité à toutes épreuves comme référence

Un solide pilier a été ébranlé

La force des mots doit être la seule arme

Pour survivre à ce drame

Pour retrouver cette liberté

Qui faisait notre force

Et trouver une nouvelle amorce

Pour que la presse puisse exerce son droit

Que nous ayons tous le choix

Et le pouvoir de dire non Aux extrémistes de tous bords

Qui saccagent nos valeurs

Ils nous prennent pour des cons

Ils ont perdu leur honneur

Ils ont sacrifié un symbole

tout le monde est sorti dehors

Pour exprimer son soutien

Se donner la main dans une farandole

Pour lutter contre ces assassins

Ces brutes au sang froid

Qui nous ont plongé dans un tel émoi

Cette barbarie inhumaine Nous a atteint en plein cœur

Cette haine se déchaine

Chaque jour dans l’horreur

Leur plume s’est envolée Mais reste pour l’éternité Encrer dans nos esprits

Jessica Staffe